Adem Krich

A 19 ans, Adem Krich, tout fraîchement arrivé en France pour poursuivre ses études supérieures en classe préparatoire scientifique, bénéficiera d’une Bourse Excellence-Major tout au long de ses 5 années d’étude. Brillant élève de l’Institut Saint-Dominique de Rome, Adem vient d’obtenir son Baccalauréat mention Très bien et parle 5 langues (l’anglais, le français, l’arabe, l’italien et l’allemand). Il est aussi le premier lycéen de l’établissement à obtenir cette Bourse de l’Etat français.

Retour sur son parcours, ses études et ses premières impressions à son arrivée en France.

 

Adem, peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours ?

Avant d’arriver en Italie, j’ai grandi et habité à Tunis, en Tunisie, jusqu’à mes 17 ans. Puis, ma famille et moi avons suivi mon père en mission diplomatique en Italie, c’est ainsi que je suis arrivé à Rome il y a 2 ans. J’ai effectué le début de ma scolarité en Tunisie. Après le primaire j’ai passé les concours nationaux pour intégrer un collège puis un lycée pilotes qui sont réputés comme étant des établissements d'excellence. A l’inverse du système secondaire français, en Tunisie, on passe 3 ans au collège  et 4 ans au lycée. J’ai donc passé les 2 premières années au lycée en Tunisie, puis j’ai fait ma Première et ma Terminale à Rome, à l’institut Saint-Dominique.

 

Pourquoi avoir effectué ta fin de scolarité dans un lycée français ? Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Cela a été une évidence pour moi en fait, car je parle le français depuis tout petit, c’est ma 2ème langue. Les matières scientifiques au collège et au lycée en Tunisie sont enseignées en français, c’était plus simple pour moi de continuer ma scolarité dans cette langue. Et puis il y a des similarités entre les 2 systèmes éducatifs tunisien et français, je n’étais donc pas perdu en arrivant à l’Institut Saint-Dominique. J’ai vraiment apprécié mes 2 années passées dans ce lycée, j’y étais beaucoup impliqué. J’ai d’abord été élu membre du CVL (Conseil de la vie lycéenne) par mes camarades de classe, ce qui m’a permis de participer à l’organisation de plusieurs événements au sein de l’établissement. Il s’agissait principalement de forums de métiers ; nous avons aussi travaillé sur un projet de Gala pour récolter des fonds et lancer un programme de bourse pour les élèves venant de milieux défavorisés.

Le reste du temps, je faisais beaucoup de sport. Je pratique le football et la musculation que je compte bien poursuivre ici à Paris. Je suis aussi un grand supporter du club de football du Sahel en Tunisie, j’y reste fidèle !

Cette expérience au sein d’un lycée français m’a beaucoup apporté. Il faut savoir qu’à l’Institut Saint-Dominique, il y a plus de 40 nationalités. J’ai pu y rencontrer des personnes venant du monde entier. Partager leur culture et leur mode de vie parfois complètement différent du mien, cela a été très intéressant et enrichissant pour moi.

Et puis, le système éducatif français m’a ouvert plusieurs opportunités, notamment celle de venir étudier ici à Paris, au sein d’une classe préparatoire scientifique pour passer ensuite les concours des écoles d’ingénieurs les plus prestigieuses.

 

Comment as-tu réagi lorsque tu as appris que tu avais été sélectionné pour la BEM ?

Tout d’abord c’est mon professeur principal qui m’a encouragé à postuler pour cette bourse. J’hésitais beaucoup car je me disais que mes chances de l’obtenir étaient faibles. J’ai quand même déposé mon dossier et c’est juste avant les épreuves finales du Baccalauréat que j’ai appris que j’étais sélectionné : cela a été une superbe nouvelle !

Je ne m’y attendais pas, j’étais vraiment très fier et honoré, d’autant plus que c’est la première Bourse pour l’Institut Saint-Dominique et le groupe Odyssey que l’école a rejoint cette année.

 

Qu’est-ce qui t’a conduit à opter pour une classe préparatoire scientifique ? Et pourquoi avoir choisi la France pour tes études supérieures ?

Au début, j’hésitais entre la médecine et l’ingénierie. Après réflexion et après consultation auprès de mes professeurs, mes parents, j’ai opté pour l’école d’ingénieur qui représente un parcours plus ouvert et diversifié.

J’ai toujours eu pour projet de venir faire mes études supérieures en France, avant même de postuler pour la Bourse Excellence-Major. Je souhaitais faire une classe préparatoire scientifique pour me préparer aux concours des meilleures écoles d’ingénieurs. Pouvoir effectuer ce cursus à Paris est un véritable atout pour moi. Le système éducatif français est très réputé partout dans le monde, les écoles sont classées parmi les meilleures dans les classements mondiaux.

 

Comment s’est passé ton arrivée et ton installation en France ?

Je suis arrivé il y a quelques jours avec mes parents, nous sommes dans un hôtel en attendant que je rejoigne l’internat du lycée Saint-Louis le 1er septembre, au moment de la rentrée. 

Mes parents repartent dans quelques jours mais je ne serai pas seul, j’ai quelques membres de ma famille ici ainsi que quelques amis. Et j’ai hâte de rencontrer mes futurs camarades de classe préparatoire.

Le fait d’avoir le statut de Boursier du gouvernement français m’a facilité les choses d’un point de vue administratif. J’ai en effet été accompagné par l’AEFE dans toutes mes procédures administratives pour faciliter au maximum mon arrivée en France. Je n’ai donc pas connu de réelles difficultés, juste un peu d’attente pour obtenir un rendez-vous pour mon visa, mais rien de bien gênant.

J’ai obtenu mon logement à l’internat à travers la plateforme Parcours Sup, donc cela a été relativement facile aussi. Et ensuite, à partir du moment où j’avais une adresse, j’ai pu ouvrir un compte bancaire et souscrire un abonnement téléphonique, entre autre.

L’AEFE continuera de m’accompagner tout au long de mon parcours en France durant ces 5 années, ce que j’apprécie vraiment, je trouve cela rassurant.

 

 

Tu viens de mentionner que tu as quelques membres de ta famille ici, à Paris, tu étais déjà venu en France ?

Oui, je connaissais un peu la France, j’étais déjà venu à Paris pour des vacances. Mais c’est différent de venir y habiter. La ville est vraiment intéressante, j’aime le style de vie ici que j’ai hâte, désormais, de connaître en tant qu’étudiant.

Je trouve d’ailleurs que Paris ressemble à Rome : le mode de vie, l’architecture, les gens pressés… Même si les Parisiens semblent beaucoup plus pressés que les Romains !

 

 

Est-ce que tu sais déjà ce que tu souhaites faire plus tard ? Envisages-tu une carrière professionnelle en France ?

J’ai quelques idées mais je me laisse encore le temps pour choisir. Le fait d’avoir opté pour une classe préparatoire me permet d’avoir encore 2 ans pour réfléchir et orienter mon parcours professionnel. C’est une formation assez généraliste pour préparer les concours des meilleures écoles d’ingénieur. Je compte viser Polytechnique à Paris, l’Ecole Centrale, l’Ecole des Mines de Paris, l’Ecole des ponts et chaussées…

Je ne sais pas encore si je resterai à Paris ou si je repartirai en Tunisie ou ailleurs, une fois diplômé. La dernière année est consacrée à un stage de fin d’études dans une grande entreprise. La majorité des étudiants sont engagés dans l’entreprise dans laquelle ils effectuent leur stage. Donc je pense que j’effectuerai le début de ma carrière en France.

Mais il est encore trop tôt, j’ai le temps d’y penser ! Certaines écoles ont des partenariats avec différentes écoles dans le monde et obligent leurs élèves à faire au moins 6 mois à l’étranger. Même si je ne sais pas encore où j’effectuerai mon stage, je suis assez attiré par les Etats-Unis, l’Asie (Tokyo notamment) ou tout autre pays où il y a des centres de développement technologiques importants.

J’ai déjà un peu voyagé avec ma famille mais il me reste encore plein de choses, de pays à découvrir. Ce que je trouve excitant, j’ai hâte !

 

 

Un dernier mot, quelque chose que tu voudrais partager à la communauté des anciens élèves ?

Je dirais qu’il faut toujours garder confiance en soi et persévérer même si les choses peuvent paraître difficiles ou inaccessibles au premier abord. C’est l’enseignement que je tire de cette expérience de Bourse Excellence-Major qui ne fait que commencer ! Au départ, je n’osais pas postuler car je pensais que les chances de l’avoir étaient vraiment minces étant donné le nombre de personnes au profil excellent qui postulent. Et puis, finalement, heureusement que j'ai tenté ma chance ! Il faut toujours essayer dans la vie, car cela vaut la peine.

 

 

 

Interview réalisée par Virginie Triveillot.

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