Bernhard Kadlec, un Ancien dévoué corps et âme à la santé publique

07 juin 2018

Cher Bernhard, tu es Ancien élève du LFV, diplomé de la Wirtschaftsuniversität, grandement dévoué à la Santé Publique..pourrais-tu te présenter (enfance, parcours, études, profession)?

Je suis né et j'ai grandi à Vienne. Mes parents (très peu francophones) ont décidé d'inscrire leurs enfants au Lycée pour nous donner la possibilité d'une éducation bilingue dans un environnement international, d'où j'ai passé toute ma scolarité au LFV.

Après mon bac je me suis inscrit à la WU à Vienne pour des études de gestion d'entreprises (BWL) et en même temps j'ai fait mon service militaire. Comme je voulais aussi savoir ce qu'on fait durant le service civil et que j'avais déjà une certaine passion naissante pour les services de santé, je me suis inscrit en 1995 pour une formation de base de secouristes (Sanitäter) chez les Johanniter. J'ai interrompu mes études deux fois: d'abord pour conclure auprès du Magistrat Wien la seule formation de secouristes reconnue à l'époque par l'état, ensuite en 1998 pour supporter le ministère des affaires étrangères lors de la première présidence de l'UE de l'Autriche (d'ailleurs un vrai point de ralliement pour Anciens). Ces deux évènements représentent certainement des expériences exceptionelles pour ma vie desquelles je ne voudrais me passer. Après la fin de mes études en 2004, j'ai pour la première fois commencé à travailler (de 'vrai', c'est à dire de manière rémunérée) dans le secteur de la santé. A l'hôpital "der Barmherzigen Schwestern" et au sein de la Vinzenz Gruppe (à l'époque un travail plutôt dirigé vers le marketing et la direction de projet) j'ai appris énormément pour mon travail actuel. A côté de mon emploi à l'hôpital, j'ai terminé mes études de santé publique ainsi que mon doctorat. Depuis 2010 je dirige l'hôpital Landesklinikum St. Pölten avec 3.000 employés et environ 1.000 lits. Je suis marié et père de deux enfants qui vont également au LFV.

 

Tu as été élève au Lycée francais de Vienne: quels souvenirs en gardes-tu en général, comment décrirais-tu cette phase de ta vie? Ce passage au Lycée de Vienne a t-il déterminé tes choix, tes passions, ton devenir?

De manière rétrospective je peux dire que le Lycée m'a surtout appris à prendre mes responsabilités et que, contrairement à d'autres systèmes scolaires (qui visent en général une argumentation de pro et contre), j'ai internalisé le concept de thèse-antithèse-synthèse. En tant qu'élève ce n'était pas toujours évident pour moi, dans ma vie professionelle j'en profite régulièrement. Le Lycée m'a certainement influencé dans mon choix professionnel et m'a donné un grand avantage lors de mes débuts à la WU. 

 

Pourrais-tu nous relater un épisode drôle, émouvant? Quelque chose qui t'a profondément marqué? 

Ce dont je me rapelle très bien étaient les classes de religion, qui pour les chrétiens protestants étaient souvent en commun avec des élèves de classes supérieures. Ainsi je connaissais très bien certains élèves bien plus âgés que moi. La situation géopolitique actuelle de l'Europe montre très bien à quel point les choses se répètent: en temps qu'élève moi aussi j'avais l'habitude de la présence policière, à l'époque encore au parc du Palais Clam Gallas.

Tu as déjà de très hautes responsabilités, bien que très jeune: tu diriges l'hôpital Landesklinikum St.Pölten-Lilienfeld. Quels sont tes missions, projets, buts, et quels conseils pourrais-tu donner à nos jeunes qui désirent s'engager dans cette voie?

J'ai toujours consacré une grande importance à comprendre au mieux mon vis-à-vis. Pour cela j'ai fait mes études de santé publique et je me suis occupé de patients dans les situations les plus diverses en tant que secouriste. Ensemble avec mon équipe de la direction commerciale nous avons développé l'hôpital durant les 6 dernières années. En temps que centre hospitalier universitaire nous offrons maintenant (ensemble avec Tulln et Krems) les premières études de médecine humaine selon les critères de Bologne à l'université privée "Karl-Landsteiner-Privatuniversität". Mon but central est de créer des bénéfices pour le patient aussi dans le domaine commercial. Cela commence avec la conception de notre nouveau bâtiment et s'étend jusqu'à la routine quotidienne. Comme fournisseur public de services de santé hospitaliers le premier objectif est d'assurer la meilleure allimentation (Versorgung) des patients de la Basse-Autriche en respectant les objectifs budgétaires. Personnellement je prends mes décisions selon les critères des 3 E: l'évidence, l'efficacité et l'éthique.

Depuis 1995, donc juste après ton bac, tu es entré chez les Johanniter pour les services de secours, d'urgence, les transports de malade et d'organes...tu y as développé une véritable vocation...raconte-nous ton expérience.

Depuis 1995 beaucoup s'est passé. Je suis toujours actif comme membre bénévole du comité d'administration et comme chevalier de l’ordre caritatif protestant de Saint-Jean (www.johanniterorden.de / www.ordredesaintjean.fr). J'ai eu la chance de pouvoir vivre ma passion pour le système de santé dans mon métier. Grâce à mon activité comme secouriste j'ai connu des situations que je n'aurai jamais pu m'imaginer durant mes années scolaires. Cela m'aide toujours!

L'Europe passe par une réelle crise humanitaire: que fait le groupe Johanniter pour venir en aide, et comment nous, lecteurs et Anciens, pouvons-aussi contribuer à aider?

Actuellement nous nous occupons ensemble avec une autre organisation d'un grand nombre de réfugiés à Vienne. A travers notre aide à l'étranger ("Internationale Auslandhilfe") qui siège en Allemagne ainsi que notre bureau à Bruxelles nous coordonnons aussi des missions dans le monde entier. Sur notre site Internet www.johanniter.at vous trouvez les projets actuels et appels aux dons.

Pour celles et ceux qui veulent s'engager chez les Johanniter, que faut-il faire? Une formation, si oui laquelle? Quelles sont les possibilités?

Chacun peut soutenir les Johanniter. Nous dépendons d'une part de dons financiers, d'autre part de l'aide de nos bénévoles. Selon le domaine d'action d'un bénévole nous offrons aussi la formation nécessaire.

Comment vois-tu ton avenir dans 5, 10 ans?

Je veux offrir à nos enfants les mêmes opportunités excellentes que nous avions ma soeur et moi. Pour cette raison ma femme et moi avons décidé d'inscrire nos enfants au LFV. Dans le domaine de la santé publique beaucoup reste à faire et j'y vois donc mes perspectives et mon futur professionnel.

Un message à nos amis, aux Anciens élèves de Vienne et du monde?

Bien que chacun d'entre nous ne connaisse personellement qu'un tout petit nombre d'Anciens, nous sommes tous ralliés par une enfance/adolescence vécue au sein d'une institution très spéciale, qui d'une manière ou de l'autre a laissé ses empreintes. A cause de ce lien je me réjouis toujours de rencontrer des Anciens, aussi bien en privé que dans mon travail. Je pense aussi que l'ouverture et la tolérance que le Lycée exige de ses élèves de manière systématique sont des valeurs d'une énorme importance de nos jours et que nous devons en quelque sorte être leurs ambassadeurs.

 

Propos recueillis par Joelle Moussalli (bac 1999)
Rédactrice en Chef du Monde des Anciens MDA (Association des anciens élèves du lycée français de Vienne - Autriche)


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