Trois questions à : Fatima Aouidat, spécialiste de programme à l’OIF

21 sept. 2020
Fatima Aouidat © OIF
" Replacer la jeunesse au coeur ”, c’est toute l’ambition affichée par l'organisation internationale de la francophonie (OIF). Près de deux mois et demi après le lancement d'une grande consultation pour la jeunesse francophone, l’heure est au premier bilan. Aux quatres coins du monde, plus de 120 000 jeunes ont été atteints. Fatima Aouidat, spécialiste de programme au sein de l'Université Jeunesse, Sport et Citoyenneté à l’OIF, nous livre les premiers résultats de la consultation Francophonie de l’avenir.

 

À travers cette consultation, quels messages les jeunes francophones ont-ils voulu faire passer ?  

À ce stade d’analyse de la consultation, on peut déjà dégager quelques grands axes. Ce qui revient le plus souvent, c’est le réel sentiment d’appartenance à la francophonie. Nous en avons été agréablement surpris. Ce sentiment se base sur l’usage de langue française, qui est un socle fondamental de la francophonie et a été un véritable fil rouge de la consultation. Non seulement ils se sentent francophones, mais ils proposent également des idées pour  protéger et promouvoir la langue française. Ce qui apparaît dans un deuxième temps, c’est l’intérêt que les jeunes portent aux enjeux d’éducation et d’emploi. Il y a de très fortes préoccupations de la jeunesse francophone sur ces sujets, qu’ils soient étudiants ou non. D’après nos premières analyses, on peut aussi retenir l’envie d’être mis en réseau. Nous observons une volonté d’interconnexion, de partage, et de mobilité au sein de la francophonie. Cela témoigne d’un besoin fort de faire communauté. Nous avons également noté de fortes revendications en termes de diversité culturelle, de démocratie et de citoyenneté francophone. 

>> consulter la synthèse des résultats de la consultation "Francophonie de l'avenir"

 

Par quels moyens avez-vous mobilisé les jeunes pour cette consultation ?

Nous avons eu la chance d’avoir des participants émanant des cinq continents. Nous avons beaucoup travaillé, en amont, à la conceptualisation de la consultation et pour qu’elle soit la plus adaptée possible aux usages des jeunes et à leurs attentes. Pour ce faire, nous avons mis en place un comité d’orientation, composé de personnes jeunes, mais aussi d’experts dans les domaines de la jeunesse, de la francophonie, ou encore du numérique. La mobilisation passe principalement par la plateforme en ligne. Plusieurs modules ont été proposés, ce qui a permis aux internautes d’avoir des usages différents. Concrètement, nous avons proposé différents niveaux de questionnaires, courts ou longs, selon les envies, ou même une section “débats” pour ceux qui le souhaitaient. Il y avait également un espace créatif qui s’appelait “imagine ta francophonie”, faisant appel à leur esprit de projection pour rêver la francophonie de l’avenir. On a complété cette plateforme en ligne par des ateliers en présentiel que nous avons dû beaucoup restreindre en raison de la crise sanitaire.

 

Après cette consultation, quelles sont les aspirations futures de l'OIF pour la jeunesse francophone ? Quel rôle l'Union-ALFM pourrait y jouer ? 

La population francophone est très jeune, nous voulons donc intégrer nos premiers résultats à nos réflexions stratégiques pour mieux orienter nos actions en matière de jeunesse. C’est une thématique transversale et aujourd’hui nous avons créé une nouvelle unité “jeunesse sport et citoyenneté” qui viendra répondre à cette nécessité. Il y a une deuxième aspiration future pour la jeunesse : c’est de pérenniser ce dialogue. Ensuite, il faudra bien entendu lancer les projets qui concernent directement les préoccupations retenues dans la consultation. 

>> consulter la synthèse des résultats de la consultation "Francophonie de l'avenir"

Ce qui nous lie avec l’Association des anciens élèves des lycées français du monde (Union-ALFM), c’est indéniablement la langue française. Nous sommes tous les deux des relais en terme d'identité francophone. La communauté #ALFM peut relayer cette identité auprès de son réseau francophone très diversifié. Les étudiants des lycées français sont issus de tous les pays du monde, il y a donc un écho direct avec les préoccupations de l’OIF. L’ALFM peut alors jouer un rôle primordial dans le renforcement et la conscientisation de l’identité francophone et d’une mise en réseau, très attendue par les jeunes francophones. L’ALFM va au-delà de notre espace francophone, nos efforts sont donc complémentaires.

 

Interview réalisée par Yasmina El Kouen, ancienne élève du Lycée Paul Valéry à Mecknès, rédactrice au sein de l'Union-ALFM.


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