Racisme en France : témoignages d'anciens élèves des lycées français du monde

05 août 2020

 

" Le racisme en France pour moi est ordinaire "

Il se traduit le plus souvent par des "piques", des réflexions sur ma couleur de peau ou sur mes cheveux par exemple. Dans les transports, les gens hésitent à s’assoir à côté de moi ou changent de place sans raison apparante. Comme je voyage beaucoup, le racisme se traduit aussi par des contrôles douaniers fréquents...je suis souvent arrêté pour fouille sans réelle raison. Au début je pensais que c'était de la malchance, mais à force, je me pose des questions... 

Malik Said Abdallah, 31 ans - ancien élève de l'Ecole française Henri Matisse de Moroni (Îles Comores).

 

 

" Je trouve la mobilisation antiraciste internationale un peu hypocrite "

"Faire du bruit" parce que Georges Floyd est mort est une chose, mais je ne suis pas certaine que cela règlera le racisme ordinaire qui existe bel et bien en France (les réflexions dans le métro, l'accueil dénué de respect à la préfecture ...). Le racisme n'est pas vécu en France de la même manière qu'aux Etats-Unis, il ne se présente pas sous la même forme et n'est pas condamné de la même manière donc il me semble difficile de se fédérer autour d'une cause qui ne parle pas des mêmes choses. Alors, oui, peut-être qu'il y aura un éveil collectif mais, à mon sens, cela ne changera rien à la condition des Noirs de France. J'ai grandi en Arabie Saoudite, le peuple là-bas est assez métissé, je ne ressentais pas de racisme. Il est vrai que parfois "on me rappelait à ma couleur" mais c'est en arrivant en France que j'ai perçu un véritable clivage entre Blancs et Noirs.

Rahma Sarr, 30 ans - ancienne élève de l'Ecole française internationale de Djeddah (Arabie-Saoudite)

 

 

" Je ne connaissais pas la signification du mot racisme avant d'arriver en France "

J’ai grandi au Sénégal avec des personnes de toutes origines, j’ai été dans un lycée français avec des enfants d’expatriés ou de parents aux nationalités variées. On a jamais senti aucune différence entre nous. C’est en arrivant en France, plus précisément dans le Nord-Pas-de-Calais, qu’une série de petites anecdotes m’ont fait prendre conscience que j’étais DIFFÉRENTE. Entre autre des questions comme : quand est-ce que tu rentres chez toi ? Comment ça se fait que tu n’as pas d’accent ? Tu as de la chance d’être dans un pays comme la France, tu sais… et j’en passe !

Participer au mouvement antiraciste me semble important car nous sommes tous responsables. Nous devons être unis pour cette cause d’ampleur mondiale. Manifester permet de montrer son soutien et de construire l'avenir : éduquer son entourage, ses amis, ses enfants afin de lutter contre ce fléau sur le long terme.

Sophie Faye, 31 ans – Ancienne élève du Lycée Jean Mermoz à Dakar (Sénégal)

 

 

" Depuis que je suis arrivé en France, je n'ai pas encore vécu une situation raciste, uniquement quelques préjugés sur l'Afrique " 

Après le meurtre de Georges Floyd aux Etat-Unis et Adama Traouré en France, je suis allée à des manifestations contre le racisme. C'est un sujet dont je discute beaucoup autour de moi avec mes amis de différentes nationalités et sur lequel je me renseigne souvent. Je ne comprends pas que l'on soit toujours en train de mener ce même combat... Pourquoi est-il si difficile de comprendre que la valeur d'une vie n'est pas négociable et qu'elle n'est pas une question d'opinion personnelle ? " 

Géna Benavente,18 ans, ancienne élève du Lycée français Denis-Diderot à Nairobi (Kenya)


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