Un lycée, une actualité, un regard : Cyrine Khaled, ancienne élève à Pékin

03 mar. 2020

Cyrine Khaled est une ancienne élève et bachelière (promo 2018) du Lycée Français International Charles de Gaule de Pékin. Elle a également effectué une partie de sa scolarité dans les lycées français de Madrid et de Tunis (Pierre Mendès France).

Cyrine Khaled, ancienne élève

Cyrine, que fais-tu actuellement à Pékin ?

J'y étudie les relations internationales à l’université. J’ai préféré rester ici après mon bac car l’environnement international et le développement du pays sont des cas d’étude. Je ne vois plus les anciens de ma promo, la plupart ont décidé d’étudier ou de travailler en Europe.

Quel est ton sentiment sur la crise sanitaire en Chine ?

La crise sanitaire qu’affronte la Chine a débuté silencieusement. Au début, dans les médias il était question de quelques cas infectés d’une maladie inconnue. Puis, à partir de mi-janvier, les cas ont commencé à augmenter considérablement. Nous avons compris l’importance de cette maladie seulement en février... Les écoles internationales ont donc décidé de ne plus donner de cours au sein des établissements mais de dispenser plutôt des cours en ligne. Le Lycée Français de Pékin a bien évidemment pris toutes les nécessités pour assurer la continuité du programme, mais en ligne. A l'Université, c'est le même système, je suis tous mes cours virtuellement. Je n’ai pas l’impression que cela pose problème car les professeurs sont très présents et répondent à toutes nos questions.

Cette crise sanitaire ne m’effraie pas. Les autorités chinoises prennent toutes les précautions pour que la maladie ne se propage plus aussi vite qu’au début. Il serait nécessaire de souligner le fait qu’il y a de moins en moins de cas et presque 50 000 personnes guéries. Les personnes restées en Chine et avec qui je suis en contact ne se sentent pas mal face à l’isolement. 

Peux tu me décrire ce que le coronavirus a changé dans votre quotidien ? Son impact pour vous qui habitez en Chine… ?

Il faut rester calme, l’angoisse peut être très dangereuse dans ce type de situation. Les déplacements dans la capitale ne sont pas facilités, il faut avoir une carte de résidence pour pouvoir entrer dans les différents lieux. Par exemple, une personne ayant une carte de résidence A ne peut entrer dans une résidence B. Il y a donc un système d’isolement qui pousse les habitants de la ville à rester chez-eux en faisant des déplacements limités. 

Certains cafés et restaurants sont ouverts. Pour pouvoir y aller, se désinfecter les mains et se faire prendre la température sont nécessaires. Sortir sans masque est interdit dans les lieux publiques. Il est devenu tabou de sortir sans masque, les personnes qui le font ont des regards réprobateurs. Parfois, il nous arrive de sortir avec les amies de ma sœur qui sont en classe de terminale pour passer le temps et surtout faire le point sur leurs vies actuelles. Nous prenons cette situations comme une expérience de plus qui nous sera bénéfique dans le futur. 

Avez -vous, en tant qu’anciens élèves, des actions de solidarité à l’égard de ceux qui sont touchés par cette crise ?

Nous prenons contact avec les personnes en Chine et hors de Chine. J’essaie de parler avec les anciens élèves de ma génération pour prendre des nouvelles. La communauté du lycée français n’est pour la plupart plus à Pékin, cependant certains me demandent comment cela se passe… Dernièrement j'ai fait le suivi, par messages, d'un ancien élève mis en “quatorzaine” après son séjour à Pékin. Il va très bien et est retourné étudier. 

Le plus important à mon sens est de sensibiliser la communauté des anciens élèves au sujet des fausses vidéos qui circulent sur les Internets.Certaines images sur les réseaux sociaux sont effrayantes et ne montrent pas la réalité. Ce sont de fausses publications qui datent de plusieurs années; n’ayant même pas eu lieu en Chine ! Parfois, il est question d’une personne âgée qui tombe en faisant un arrêt cardiaque. Je voudrais dire que premièrement, il n’y a pas que le Covid-19 qui sévit en Chine et deuxièmement que regarder des publications sensationnelles est dangereux. Mieux vaut consulter régulièrement le site de l’OMS ou de l'Ambassade de son pays pour savoir quoi faire.

Interview réalisée par Dominique Tchimbakala, Présidente de l'Union-ALFM, le 3 mars 2020.


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