Avec "Light Up Burkina", 100 femmes vulnérables voient leurs conditions de vie et de travail améliorées

02 mar. 2020

Ihab Ali Gaddaye, 27 ans, est le Président de l’association The Era of Africa (TEOA). L'association, créée le 18 aout 2016, a pour objectif de réunir des « jeunes amoureux du continent africain » autour de projets de développement éducatifs, agricoles, technologiques et d'énergie verte. Ihab a suivi l’ensemble de sa scolarité dans des établissements français à l’étranger, notamment en Lybie et en Egypte. Il a accepté de nous rencontrer afin de nous parler de son engagement.

Ihab Ali Gaddaye, Président de The Era of Africa

 

Peux-tu nous parler de ton parcours personnel ?

Je suis né en Egypte mais j'ai vécu au Tchad, de ma naissance jusqu’à l’âge de 7 ans, puis en Lybie où j’ai été scolarisé à l’Ecole de la Communauté Française à Tripoli. Ma famille s’est ensuite installée en Egypte et j’ai poursuivi ma scolarité au Lycée Français du Caire. J’ai ensuite poursuivi mes études supérieures en Droit et Science politique à l’Université de Nice Sophia Antipolis puis en Droit international spécialité Droits Africains à Paris 1, Panthéon-Sorbonne. Je suis actuellement à la recherche d’opportunités professionnelles en cabinets d’avocat ou en tant que juriste d’entreprise.

Tu as choisi de monter ta propre association,The Era of Africa, comment t’es venue cette idée ?

Depuis tout jeune, j’ai toujours voulu m'investir pour une cause en Afrique. Une expérience m’a d’ailleurs marqué lorsque j’étais au Lycée Français du Caire. Tous les ans, le lycée organisait une visite dans un hôpital qui accueillait des enfants atteints de cancers ainsi qu’une collecte de dons. Ce fut pour moi un premier apprentissage. L’idée de créer cette association a germé pendant mes premières années d’études supérieures. Je voulais m’investir concrètement mais je ne savais pas comment. Il y avait autour de moi beaucoup de conférences sur l’Afrique, beaucoup de beaux discours…mais peu d’initiatives concrètes. Cette idée s’est finalement concrétisée lors de mes études à Paris. J’étais logé à la Cité Internationale dans le 19e arrondissement et avec une dizaine d’amis nous avons créé The Era of Africa en seulement quelques mois.

Concrètement, quelles initiatives portent l'association ? Comment procédez-vous ?

Nous intervenons principalement dans 4 secteurs qui sont primordiaux en Afrique à savoir : l’agriculture, l’éducation, l’énergie et les nouvelles technologies. Nous disposons de trois modes d’actions : la conception et la réalisation de projets, l’aide à la réalisation de projets conçus par des associations locales via des recherches de financements, et enfin des actions de sensibilisation (rapports, événements, conférences etc.).

Actuellement, nous travaillons d'arrache pied pour le projet "Light up Burkina". Il s'agit de distribuer 100 lampes solaires à 100 femmes du village de Vipalogo dans la commune de Komki Ipala. Ces lampes ont été achetées à l'entreprise Lagazel, dont les matériaux sont fabriqués en France et assemblés au Burkina. L’étude des besoins sur le terrain a été menée conjointement avec l'association franco-burkinabé Play and Give. Cette dernière a notamment validé le choix des femmes bénéficiaires ainsi que le prix de mise à disposition des lampes (3€). Cette participation financière des femmes servira à rénover le centre de soin de Gampela, un village voisin situé dans la commune rurale de Saaba. 10 lampes seront en outre données aux écoles et centres de soins de chaque village. Ce projet contribue à l'amélioration des conditions de vie et de travail des familles bénéficiaires car la lumière permet de maintenir les activités de maraîchage ou la préparation des marchandises par exemple. Cela permet également de sensibiliser les habitants aux énergies vertes et de réduire les niveaux de toxicité liés à l’utilisation des lampes à gaz ou à pétrol. Ce projet est bien avancé puisque la remise des lampes aux familles burkinabé aura lieu fin mars 2020.

Plus globalement,The Era of Africa intervient dans des écoles pour des actions de sensibilisation et organise des événements destinés à recueillir des fonds pour nos projets. Nous avons par exemple organisé le vernissage d’une exposition d’art contemporain au Village Suisse en décembre dernier. Autre évènement à venir : un tournoi de futsal, le 8 mars prochain, qui devrait permettre de collecter 1 500€.

Nous intervenons aussi dans des Colloques internationaux comme l'Africa week - organisé par l’Unesco - ou le 21e colloque du Syndicat des Énergies Renouvelables (février 2020). Cela nous permet de débattre et de réfléchir à de nouveaux projets et, bien sûr, d’accroitre notre visibilité auprès de futurs partenaires.

Rescenssement des besoins des femmes de Vipalogo (Burkina).

Comment arrivez-vous à financer vos projets ?

Pour "Light Up Burkina" par exemple, le projet a été financé à 60% par Synergie Solaire, un fond spécialisé dans le financement des projets liés à l’énergie. Nous avons ensuite ouvert une cagnotte en ligne pour récolter des fonds supplémentaires et organisé des événements culturels ou sportifs payants. Les fonds récoltés ont permis l’achat des lampes et des billets d’avion pour se rendre sur place. Aujourd'hui, il manque encore des financements pour organiser la cérémonie de remise des lampes, assurer le suivi du projet avec l’association Play and Give et réaliser un documentaire. Comme vous le voyez, nous ne manquons pas d'idées et mettons tout en oeuvre pour qu'elles se réalisent !

Quelles sont les difficultés rencontrées par l'association ?

La première difficulté, on vient d'en parler, est le financement. En effet, il nous a fallu deux ans d’existence pour pouvoir prétendre à des subventions. Au tout début, the Era of Africa vivait grâce aux cotisations de ses membres (25€ / pers. / an) et la générosité de ses proches qui contribuaient via une cagnotte en ligne.

La deuxième difficulté est de parvenir à stabiliser notre équipe et de maintenir la motivation de nos membres. En effet, la mise en œuvre de projet est un processus long et chronophage. Certains peuvent se décourager et partir. Il faut donc sans cesse mobiliser et motiver toute l’équipe.

La dernière difficulté majeure est de proposer des projets qui répondent à un vrai besoin sur le terrain. La phase de délimitation du projet, de recherches, de prospection est donc fondamentale. Au Burkina Faso, nous avons choisi de nous associer à Play and Give afin d’être certains que nos solutions étaient adaptées aux besoins sur place. 

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Nous allons d'abord finaliser le projet Light Up Africa avec deux cérémonies, la première sera la cérémonie de remise des lampes au Burkina et la seconde sera une cérémonie afin de remercier nos partenaires et présenter notre film documentaire ainsi que notre rapport finale. Cette dernière aura lieu en France. Notre démarche s'inscrivant dans une démarche de développement durable, nous comptons nouer des partenariats avec des entreprises soucieuses de développer une image positive et liée à la responsabilité sociale et environnementale. Ensuite nous réfléchirons à la mise en œuvre d’autres projets dans d’autres zones sur le Continent et sur d’autres secteurs d’intervention, comme l'agriculture.

Un autre axe de développement est de trouver un local à Paris mais aussi d’avoir des représentants dans d’autres pays afin de faciliter la mise en œuvre et le suivi des projets.

>> Consultez le site web de The Era of Africa

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Interview réalisée par Emmanuelle Failler, membre de l'Union-ALFM.


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