"Je suis un pur produit des lycées français à l’étranger" : interview d'Emma Vidal, ancienne élève du Lycée français de Yaoundé (Cameroun) et Présidente adjointe de l'ALFY.

fév. 04, 2020

Emma Vidal, vous êtes la Présidente ajointe de l’ALFY, l’association des anciens élèves du Lycée français Fustel de Coulanges de Yaoundé, au Cameroun. Vous êtes aussi une ancienne élève du lycée Jean Mermoz de Dakar...

Emma Vidal, ancienne élève aujourd'hui installée à Dakar.

Pouvez-vous vous présenter ? 

Je me considère comme pur « produit » des lycées français à l’étranger. Mon papa est français, ma maman est nigérienne et je suis née à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ma scolarité dans les lycées français à l'étranger a commencé à Dakar (Sénégal) où j'ai effectué une partie de mon primaire ; et s'est terminée au lycée Fustel de Coulanges à Yaoundé (Cameroun) avec, entre-temps, une parenthèse marseillaise.

Toutes ces influences croisées ont joué un rôle primordial dans mes choix de vie. Je travaille aujourd’hui à Dakar au RAES (Réseau Africain d’Éducation pour la Santé). C’est une ONG dont le but est de sensibiliser les jeunes et les gouvernements sur les questions de santé de la reproduction au moyen des nouvelles technologies en Afrique de l’Ouest. Cette expérience de terrain, qui répond à des besoins exprimés notamment par les jeunes, me fait saisir tous les jours la chance que j’ai eue, moi, dans ma vie. Mon parcours accroît mon désir de partager et d’aider les autres. Mes activités extra-professionnelles se partagent entre : la promotion touristique et culturelle de l’Afrique en tant qu'ambassadrice des Capitales africaines de la culture et mon implication pour l’ALFY, l’Association des Anciens Élèves du Lycée Français de Yaoundé au Cameroun.
 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre association, l’ALFY ? 

Cette association a été fondée en 2016 par Marie Gabrielle Kouamedjo, ancienne élève du lycée français Fustel de Coulanges. Elle s’est battue, dès le début, pour en faire un réseau d’entraide et de solidarité entre anciens élèves ainsi qu’un outil de facilitation pour l’orientation des nouveaux bacheliers.

Comme très peu d’élèves du lycée restent au Cameroun pour leurs études supérieures, le passage du lycée à la fac est souvent vécu comme un grand saut, évidemment scolaire, mais aussi géographique, psychologique et logistique. En effet, certains quittent le pays, leur famille et tout leur univers pour se retrouver dans un nouveau lieu. Obligés de grandir à vitesse grand V, ils doivent devenir autonomes pour se loger, se nourrir, organiser leur temps de travail, assurer leurs démarches administratives et en même temps travailler d’arrache-pied pour réussir leurs études. 

Comment êtes-vous arrivée au sein de l’ALFY et quel genre d’activités y menez-vous ?

Je suis arrivée à l’ALFY comme référente de la promotion 2011.C'était important pour moi d'avoir un réseau professionnel et amical plus large. En effet, c’est, selon moi, à cette période précise de nos vies que se créent des liens forts. 

Mais, au-delà de l’aspect amical, l’association permet de réaliser, qu’en tant qu’alumni d’un lycée français, nous avons tous des valeurs communes comme l’ouverture d’esprit et la volonté de transmission.

Parmi nos différentes activités d'aide à l'orientation et de réseautage, nous avons mis en place, avec un grand succès, le Sharing time. La formule est simple : nous choisissons un thème par mois (ingénierie, journalisme, ONG, médecine, audit et comptabilité, etc.) et nous réalisons les interviews de trois ou quatre anciens élèves sur leur parcours et les conseils qu’ils donneraient aux plus jeunes, aussi bien au niveau personnel que professionnel pour réussir.

Nous partageons ces interviews avec le hashtag #Sharingtime sur notre page Facebook , qui comptabilise à ce jour près de 400 membres. Ces partages d’expériences ont généralement beaucoup de succès auprès de nos adhérents.

sharing time ALFY sharing time 2 ALFY

Parmi les événements que nous organisons, il y a la grand-messe « l’été d’ALFY », un moment durant lequel les anciens se rencontrent dans un cadre très chaleureux et convivial sur les trois continents (à Yaoundé, Paris et Montréal) pour une après-midi ou une soirée. Cela permet de faire prendre conscience que nous sommes un véritable réseau d’alumni à travers le monde et de partager nos expériences de vie. C’est souvent très festif !

Quelles perspectives souhaitez-vous donner à l’association ?

L'ALFY se développe à grande vitesse. Nous acquérons de la notoriété et le public commence à comprendre notre mission et cerner les enjeux d’un tel réseau ! Nous sommes très enthousiastes et positifs même si parfois le refus ou l’indifférence de certains condisciples contactés nous chagrine.

Pour les années à venir, nous comptons beaucoup sur la synergie et la coopération avec les autres associations locales des lycées français du monde, avec l’aide de l’Union-ALFM ! Le but est de consolider le réseau local, de valoriser les parcours de chacun, de s’entre-aider pour nos carrières professionnelles tout en partageant d’agréables moments tous ensemble, qu’on vienne de Yaoundé, Marseille, Montréal ou Abidjan !

 

Interview réalisée par Effy Tselikas, journaliste.


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